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Le sacrifice

Les sacrifices d’animaux étaient courants dans l’Antiquité et justifiaient la mise à mort de l’animal. Le sacrifice de Jésus va bouleverser cet ordre et se substituer aux anciennes coutumes. Il s’actualise lors de l’eucharistie, mais son interprétation reste complexe. Quelle est l’interprétation du vin et du pain dans le Christianisme ? Catholiques et protestants n’ont pas la même réponse.
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CC/Jastrow - Sacrifice d’un porc en Grèce Antique, Epidromos 5e siècle AEC, Musée du Louvre, Paris

Les sacrifices antiques

Les sacrifices et les offrandes aux dieux se retrouvent dans de nombreuses religions, et concernent principalement les animaux. La consommation de viande a toujours posé une question fondamentale, celle de la mise à mort. Il fallait donc sacrifier l’animal pour que l’abattage ne ressemble pas à un acte gratuit et banal.

Chez les Grecs, il était impensable de manger de la viande sans avoir auparavant sacrifié l’animal aux dieux. La viande était un mets d’exception ; il fallait la partager avec les dieux avant de la partager entre les convives lors d’un banquet. Une partie de l’animal, même minime (quelques poils par exemple) était offerte aux dieux. Cette habitude s’est perpétuée dans l’Empire romain, même lorsque la consommation de viande avait augmenté dès les premiers siècles de notre ère. L’idée de sacrifice se retrouve également chez les Hébreux pour lesquels le sang représente le principe vital et devait être versé sur l’autel en offrande à Dieu. De plus, il leur était, et leur est toujours, interdit de consommer du sang.

Une nouvelle forme de sacrifice

Lors du dernier repas, Jésus s’offre en sacrifice. Celui-ci va peu à peu se substituer aux sacrifices de l’Antiquité. Les premiers chrétiens dans l’Empire romain refusent d’immoler les animaux aux dieux païens et ne consomment pas de viande provenant d’animaux sacrifiés. Ils ne reconnaissent qu’un seul sacrifice, celui du Christ, et témoignent ainsi de leur appartenance à la nouvelle religion. Ce comportement est inacceptable pour les autorités impériales : ceux qui refusent de sacrifier aux dieux sont persécutés. Mais le christianisme s’impose progressivement et, au 4e siècle, il devient la religion officielle. Les sacrifices d’animaux sont définitivement abandonnés, par contre, le sacrifice divin continue à être symbolisé par la fraction du pain, appelé communion, cène ou eucharistie.

Un sacrifice qui reste mystérieux

Lorsque Jésus annonce : « Je suis le pain vivant,… Qui mangera ce pain vivra à jamais. », ses auditeurs sont choqués : « Comment cet homme peut-il nous donner sa chair à manger ? » et « Ce langage-là est trop fort ! Qui peut l’écouter ? » (Jean 6 ; 51,60). Effectivement, les mots utilisés par Jésus sont troublants : s’agirait-il de cannibalisme ou de théophagie (de theos ‘dieu’ et phagein « ‘manger’) ? La question de la présence réelle du Christ dans l’eucharistie a été longuement débattue par les ecclésiastiques. Quelle est la nature du pain et du vin partagés par les fidèles lors de la communion ? Pour les catholiques, il y a le mystère de la transsubstantiation : le pain et le vin changent de substance : ils deviennent réellement le corps et le sang du Christ. Pendant longtemps, il fallait être à jeun pour recevoir l’hostie (du latin hostia ‘victime’). Pour les protestants par contre, la présence du Christ dans le pain et le vin n’est pas réelle, elle reste symbolique.