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A propos de la Fondation

L'histoire du café

En provenance du monde musulman, le café arrive en Europe durant le 17e siècle. Son exotisme, dont les Européens sont friands, son pouvoir excitant, le fait qu’il change des traditionnelles boissons alcoolisées : le café a tout pour plaire, et il plaît. En même temps, l’ouverture des établissements va permettre de formidables échanges sociaux, culturels et politiques. En un siècle, le café est parfaitement entré dans nos mœurs.
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Louis-Léopold Boilly, Les Amateurs de café, 1827
© Bibliothèque nationale de France

La découverte du café

On ne sait pas avec certitude quand a été découverte cette boisson. On sait en revanche que le caféier est originaire d’Éthiopie, où ses fruits étaient consommés sous forme de pâte, voire de boisson, pour ses vertus médicinales. L’arbuste est introduit au Yémen aux environs du 14e siècle et les premières plantations apparaissent. Grâce aux pèlerins et mystiques musulmans, qui appréciaient son pouvoir stimulant, le café arrive à la Mecque. Dès lors, plus rien ne va arrêter sa conquête : en passant par Le Caire, le Proche-Orient et Constantinople, il arrive en Europe dès le début du 17e siècle.

Cette nouvelle boisson va bien sûr rencontrer quelques détracteurs. Ainsi, des religieux méfiants auraient demandé au pape Clément VIII de la goûter. Ce dernier aurait déclaré que ce serait un péché de laisser aux incroyants seulement une boisson aussi délicieuse. À l’instar du pape, les classes privilégiées de la société se laissent séduire par le café et son exotisme, les ‘turqueries’ étant alors très à la mode. Les intellectuels l’apprécient parce qu’il permet de garder l’esprit clair et laisse éveillé.

Contrairement au chocolat qui est resté longtemps élitaire, le café, moins cher, va être adopté par toutes les couches de la société et entrer dans les foyers durant le 19e siècle. La tasse de café le matin va progressivement remplacer la soupe traditionnelle et finit par s’imposer comme un grand classique. 

Les établissements

Avec l’arrivée du café, un phénomène nouveau se produit : des établissements proposant du café, comme cela se faisait au Caire ou à Constantinople, vont s’ouvrir un peu partout en Europe et devenir des lieux de réunion. Des hommes de différents milieux s’y rencontrent, discutent et échangent des idées, sans s’enivrer. Ainsi, à Paris, le Procope (qui existe toujours) devient un lieu de rendez-vous, fréquenté par les artistes et les intellectuels - Montesquieu et Diderot en seront des fidèles. La liberté de parole et l’esprit de révolte qui parfois y règnent ne sont d’ailleurs pas sans inquiéter les autorités. À Londres en 1676, le roi Charles II ordonne la fermeture des cafés, jugés dangereux. Fermeture qui sera annulée quelques jours plus tard, sous la pression du peuple.

L’art de préparer le café

L’évolution dans la manière de faire le café a sûrement contribué au succès grandissant de cette boisson. Lorsque le café arrive en Europe, on faisait bouillir l’eau et la mouture ensemble, à la manière turque. C’est à Vienne, parce que les Viennois n’aimaient pas sa texture, que l’on a eu pour la première fois l’idée de passer la boisson pour en retenir le marc : le succès fut immédiat et l’idée de la cafetière à filtre va se développer. Le système des cafetières à pression, qui utilisent la vapeur d’eau pour humidifier la mouture, apparaît plus tard et va rencontrer un égal succès.

La légende de l’origine

Un conte raconte que le jeune berger Kaldi au Yémen, surpris de voir ses chèvres particulièrement excitées après avoir mangé des fruits rouges, en cueillit quelques-uns et les amena au couvent voisin. Le prieur en fit une décoction qu’il but, et resta merveilleusement éveillé à la prière du soir : le café était né. Même si l’anecdote n’est historiquement pas fiable, elle n’en demeure pas moins intéressante, puisqu’elle met en lumière un des principaux attraits du café : son pouvoir stimulant.