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A propos de la Fondation

Les techniques de l’arboriculture

L’arboriculture apparaît dès le Néolithique au moment où l’humanité se sédentarise et développe l’agriculture et l’élevage. L’implantation d’un verger a des implications durables sur un territoire. Le bouturage, le greffage, l’émondage, l’irrigation sont autant de techniques employées aujourd’hui pour cultiver les arbres fruitiers et qui remontent aux premières grandes civilisations antiques.
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© Getty Images / Thomas Imo

Une pratique millénaire de la biotechnologie

L’arboriculture fruitière apparaît au Néolithique et se développe en parallèle avec l’agriculture et l’élevage. On peut à juste titre parler de la première occurrence de la biotechnologie : l’humanité commence à organiser et transformer le vivant pour mieux subvenir à ses besoins. Bien que les premiers arbres fruitiers cultivés soient des espèces indigènes, peu à peu la sélection des espèces s’opère au gré des échanges entre civilisations et du perfectionnement du savoir-faire.

Les techniques employées aujourd’hui pour cultiver les arbres fruitiers remontent aux premières grandes civilisations antiques : chinoise, mésopotamienne et égyptienne. Celles-ci mettent à profit les modes naturels de reproduction des plantes ligneuses par multiplication végétative, autrement dit par clonage au moyen de greffes.

En Grèce, le greffage est débattu par l’école d’Hippocrate vers 450 AEC, mais la pratique aurait déjà été connue en Chine un millénaire auparavant. Son développement aurait contribué à une prolifération d’arbres fruitiers de climats tempérés, tels que pommiers, poiriers et pruniers.

En Mésopotamie, la pollinisation artificielle est mentionnée dans le Code de Hammurabi, loi babylonienne datant d’environ 1750 AEC. Vers cette même période, la taille des arbres fruitiers et les systèmes complexes d’irrigation se sont perfectionnés.

Quant à la technique de l’espalier, prisée par les moines médiévaux en Europe et toujours pratiquée de nos jours, elle est déjà connue des Égyptiens comme en témoignent les représentations de figuiers dans les tombes datant d’environ 1400 AEC.

Planter un arbre, un savoir-faire patient

L’arboriculture demande une planification et des techniques plus poussées que la culture de céréales. L’implantation d’un verger a des implications durables sur un territoire. De plus, certaines espèces croissent pendant des années avant de produire des fruits.

La sélection du cultivar, c’est-à-dire la variété obtenue artificiellement et ensuite cultivée, s’effectue en fonction du climat.

Ensuite, il serait possible de planter des graines pour démarrer une culture, mais la croissance de l'arbre serait trop lente et la qualité des fruits inégale. Aussi, la propagation par clonage est privilégiée. Elle comporte deux techniques. Les amateurs se tourneront vers le bouturage, plus simple, mais plus lent, alors que les pépiniéristes pratiqueront le greffage, plus compliqué, mais plus rentable.

Le bouturage est le prélèvement d'une jeune pousse de la plante à reproduire, la bouture, que l'on repique dans un pot afin qu’elle lâche des racines et se développe pour donner un nouvel arbre, clone du premier. Le greffage consiste à insérer la bouture (greffon) dans une plante hôte (porte-greffe) pour que les deux fassent corps et se développent ensemble. Les fruits obtenus par greffage sont souvent plus grands et plus sucrés que ceux obtenus par simple bouturage. Ce procédé demande une bonne connaissance non seulement de la technique, mais également des compatibilités mutuelles entre le greffon et le porte-greffe.

La forme et la fructification des arbres se contrôlent par la taille des branches et le pinçage des bourgeons. La taille en espalier, par exemple, permet d’obtenir une couronne plate. L’arbre occupe moins d’espace tout en profitant d’un ensoleillement optimal. Il peut ainsi également croître adossé à un mur qui réfléchit la chaleur emmagasinée lors des belles journées. L’arbre développe ainsi des fruits plus sucrés. Aussi, cette technique permet aux espèces sensibles au froid de croître dans des climats plus rudes.

À ces étapes s’ajoutent les traitements insecticide et fongicide, ainsi que l’arrosage régulier qui favorisent la croissance et réduisent les risques de maladies. La récolte vient clore le cycle.

Outils traditionnels et mécaniques

Les bois morts et les branches irrégulières sont taillés au moyen d’un émondoir, d’une  perche d’élagage ou d’une scie. Le sécateur mécanique sert à tailler l’extérieur de l’arbre afin de lui donner une forme optimale. Pour le bouturage, on optera pour un sécateur manuel.

Au moment de la récolte, divers outils coexistent : des bâtons appelés ‘gaules’ pour faire tomber les fruits, des filets de ramassage, des échelles et d’autres instruments mécaniques comme des machines à aspirations.