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L’histoire de la cueillette

La cueillette pratiquée par les populations nomades de chasseurs-cueilleurs, appelée cueillette de 'trouvaille', leur permet de subvenir à leurs besoins en nourriture. Avec l’agriculture, la cueillette se transforme en travail systématique, la récolte. La cueillette dans la nature sauvage reste cependant très utile aux classes défavorisées pour compléter leur régime alimentaire. Puis, la cueillette sauvage se transforme en activité de loisir avec l’augmentation du niveau de vie à l’ère industrielle.
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© André Houot, mise en couleurs Jocelyne Charrance / Musée cantonal d’archéologie et d’histoire, Lausanne ; Musées cantonaux, Sion et Musée d’art  - Collecte de myrtilles, mésolithique

L’éternelle cueillette

Avec la chasse et la pêche, la cueillette sauvage demeure ancrée dans les pratiques alimentaires même après l’avènement de l’agriculture. Toutefois, elle subsiste dans les sociétés n’ayant pas développé de cultures systématiques et chez les populations paysannes et pauvres qui, pendant des siècles, ont complété grâce à elle leurs ressources alimentaires.

Durant la préhistoire, les populations cueillent les plantes comestibles sauvages qu’elles trouvent pour subvenir à leur besoin en nourriture. En fonction des saisons, les noix et les racines sont ramassées pour être conservées, et les fruits et légumes frais sont consommés immédiatement.

Lors de la révolution néolithique, les tribus nomades se sédentarisent et commencent à domestiquer les plantes et les animaux. Avec l’éveil des premières civilisations humaines, l’agriculture voit le jour et la cueillette de ‘trouvaille’ (ou sauvage) se transforme en travail raisonné et systématique : la récolte.

L’espace de culture se mue en territoire et la récolte devient une activité économique avec le développement de la société marchande durant l’Antiquité. Dans les jardins potagers qui apparaissent dès l’Antiquité, puis tout au long du Moyen Âge et au-delà de la Révolution industrielle, la cueillette raisonnée, ou la récolte, s’inscrit dans des pratiques plus larges d’arboriculture et de maraîchage.

Dès le 19e siècle, en Occident, la cueillette devient une pratique urbaine avec l’apparition des potagers d’ouvrier et la multiplication des jardins privés dans les villes. La botanique se développe et de nombreuses publications d’ouvrages spécialisés sur les plantes et leurs bienfaits popularisent la cueillette qui devient une activité de loisir prisée des citadins dans les campagnes. Cependant, l’interdiction de récolte dans certains lieux protégés limite cette pratique.

Au 20e siècle, la cueillette prend des formes diverses. Avec le mouvement ‘hippie’ des années 1960, par exemple, elle symbolise le retour vers la nature et l’engagement social, participant à l’émergence de nouvelles mentalités de consommation. Cet engagement social réapparaît par exemple au Royaume-Uni en 2008 avec le mouvement peas & love apparu dans le Yorkshire. La ville de Todmorden de ce comté, touchée par la crise, voit naître sur l’initiative des citoyens des vergers et potagers urbains destinés à tous, gratuits et en libre-service, appelés Incredible Edible (incroyables comestibles). L’idée s’inscrit dans une volonté de consommation collaborative et d’entraide. Le concept se répand peu à peu avec, aujourd’hui, environ 700 autres sites dans le reste du monde. Quant à la cueillette sauvage, elle reste présente sous forme de loisir. Le sentiment d’exploit après avoir trouvé la plante comestible ou la recherche de la rareté poussent de plus en plus de gens à cueillir champignons, herbes aromatiques et baies dans des zones sauvages et à redécouvrir des variétés oubliées.

Fruits, légumes, gastéropodes ?

Le terme ‘cueillette’ n’est pas exclusivement réservé aux produits du règne végétal. Il est également utilisé pour parler du ramassage de petits animaux comestibles, comme les escargots et les fruits de mer.