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A propos de la Fondation

Bénéfices et risques des OGM

Depuis leur apparition au début des années 1990, les organismes génétiquement modifiés (OGM) ont été fortement adoptés dans le monde agricole actuel. Ils soulèvent cependant par leur nouveauté un certain nombre de questions de société. Alors que leurs impacts positifs ou négatifs sur la production et sur l’environnement alimentent encore des débats, leur innocuité sur la santé humaine fait maintenant consensus au niveau scientifique bien que le grand public le remette en question.
AL034-02 OGM impacts
© Getty Images / Ulrich Baumgarten - Panneau indiquant la culture d’OGM, Allemagne, 15 septembre 2005

Une utilisation croissante, en partie controversée

La proportion des OGM dans la production mondiale était de 83% pour le coton, 75% pour le soja, 32% pour le maïs et 26% pour le colza en 2011. Cette production est l’apanage de 29 pays, principalement les États-Unis, le Brésil, l’Argentine, l’Inde, le Canada. La culture des OGM reste toutefois interdite dans près de trois douzaines de nations.

En 2015, une majorité des pays de l'Union européenne a décidé de bloquer la culture de huit nouveaux types d’OGM, en attendant de nouvelles données et l’approbation de la part des instances de régulation. L’Union européenne reste cependant le plus grand utilisateur d’OGM : l’alimentation animale requiert près de 30 millions de tonnes de soja et de maïs génétiquement modifiés par an.

Dans la plupart des cas, les agriculteurs qui recourent aux technologies OGM le font pour des gains de productivité : soit par augmentation des rendements de production (minimiser les pertes dues aux nuisibles), soit par des rendements financiers (réduction de la main d’œuvre ou de l’emploi de certains produits phytosanitaires). En 2014, une analyse de 147 études réalisées dans le monde pendant ces 20 dernières années rapporte « qu’en moyenne, l’adoption de la technologie de la modification génétique a réduit l’utilisation de pesticides chimiques de 37%, augmenté le rendement des cultures de 22% et accru les profits des fermiers de 68% » (Klumper, 2014).

Si l’on comprend ainsi l’attrait de ces solutions pour la production agricole, leurs opposants soulignent que des incertitudes persisteraient quant à leur impact sur l’environnement. Sont invoqués, entre autres, la possibilité du transfert de gènes à d’autres espèces, l’utilisation excessive de certains produits phytosanitaires, et le renforcement d’un mode de culture intensif au détriment d’autres approches qui seraient plus durables. Le sujet reste encore ouvert et débattu dans la plupart des instances gouvernementales ou inter-gouvernementales.

L’impact sur la santé, un consensus scientifique peu compris

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que les aliments issus d’OGM présentent les mêmes risques pour la santé que les aliments ‘classiques’. Cette position est très largement partagée par la communauté scientifique, représentée par de nombreux organismes nationaux ou internationaux, tels que la Commission européenne, The American Medical Association, The National Academy of Science (US), The Royal Society of Medicine (UK), L’Académie des Sciences française, Die Union der deutschen Akademien der Wissenschaften (D), etc. Le Fond National Suisse de la Recherche Scientifique rapporte ainsi les résultats de l’analyse de plus d’un millier de publications scientifiques internationales : « les plantes génétiquement modifiées (PGM) ne sont nuisibles ni pour la santé de l’être humain, ni pour l’environnement. L’apparition d’effets indésirables sur les sites où sont cultivées certaines variétés transgéniques n’est pas une conséquence du génie génétique. Elle est due à de mauvaises pratiques agricoles (comme les monocultures) ».

Malgré ce consensus scientifique, la sûreté de la consommation d’OGM reste la question qui suscite la plus grande disparité d’opinions auprès du grand public. Dans une étude publiée en 2015, le Pew Research Center relève que 88% des scientifiques de l’AAAS (Association américaine pour l'avancement des sciences) considèrent que consommer des aliments OGM ne pose pas de problèmes de santé, alors que seulement 37% de la population est de cet avis. Cet écart de 51 points représente la plus grande différence d'opinion entre le public et les scientifiques. Il résulte vraisemblablement en partie de l’efficacité de l’activité médiatique des organisations opposées aux OGM en général. En juin 2016, nourrissant le débat médiatique, plus de cent titulaires du prix Nobel ont demandé à Greenpeace de cesser ses campagnes hostiles aux organismes génétiquement modifiés : « Nous exhortons Greenpeace et ses supporters à réexaminer l'expérience que les agriculteurs et les consommateurs du monde entier ont avec les cultures et aliments améliorés grâce aux biotechnologies, à reconnaître les résultats des organismes scientifiques compétents et des agences de réglementation, et à renoncer à leur campagne contre les ‘OGM’ ».