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Veuve Bollinger

À la différence des autres propriétaires de maisons de champagne de l’époque, Elisabeth Bollinger élabore des champagnes peu sucrés et essentiellement produits avec du pinot noir. Grâce à son dynamisme, sa classe et son sens de l’humour, elle réussit à faire sa place en Amérique dès les années 1950 puis devient ambassadrice de la marque dans le monde entier. Avec un esprit entrepreneurial, elle crée deux cuvées haut de gamme, ce qui lui permet d’élever sa maison parmi les plus prestigieuses.
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 Madame Bollinger avec Josh Gifford célébrant sa victoire du Bollinger Challenge Trophy, Londres, le 17 décembre 1968 © Getty Images / KeystoneHulton Archive

Du succès en Amérique à l’élévation de l’entreprise au rang des maisons de champagne les plus prestigieuses

Elisabeth Law de Lauriston-Boubers (1899-1977) est une descendante de John Law de Lauriston, aventurier, banquier et économiste écossais, cofondateur de la Compagnie des Indes. Le 10 novembre 1923, elle épouse Jacques Bollinger, petit-fils de Joseph Jacob Bollinger, qui a cofondé la maison Bollinger en 1829 dans le village d’Aÿ dans la Marne.

En 1941, lorsque son mari meurt, Elisabeth Bollinger, veuve sans enfant, n’hésite pas à reprendre la direction de l’entreprise. Surnommée « Madame Jacques » par les gens d’Aÿ ou « Tante Lily » par la famille, Elisabeth devient pour tous une grande dame de Champagne. Pendant la guerre et l’occupation allemande, elle gère la maison avec courage et fermeté. Alors que le chardonnay représente le cépage principal de la plupart des champagnes, Madame Jacques conçoit son mousseux essentiellement avec du pinot noir, lui conférant son goût particulier. Par ailleurs, préférant les champagnes peu sucrés, elle limite la quantité de sucre ajouté dans ses vins.

Après la guerre, elle développe l’entreprise à l’international et part aux États-Unis pour y faire connaître son champagne. De manière assidue, elle rencontre des journalistes et des personnalités, en leur faisant goûter son champagne et en leur racontant l’histoire de la Champagne. Avec son anglais académique, son élégance et son professionnalisme, elle réussit à faire chavirer le cœur de l’Amérique pour son champagne. Elle est aussi nommée « the first lady of France » par le Chicago American en 1961. Parallèlement, elle devient l’ambassadrice des vins Bollinger dans le monde entier. Son champagne est même très apprécié par la cour royale britannique pendants plusieurs générations.

Innovatrice, elle lance en 1967 la cuvée haut de gamme « Récemment Dégorgé » ou « R.D. » qui fait entrer la firme parmi les maisons les plus prestigieuses. Élaborée uniquement avec des Grands et des Premiers crus, cette cuvée résulte d’une lente maturation en cave d’au moins huit ans sous bouchon de liège et d’un dégorgement manuel. En 1969, elle introduit également une autre cuvée luxueuse sur le marché, la cuvée « Vieilles Vignes Françaises ». Ce champagne est produit avec le raisin issu des deux vignes miraculeusement épargnées par le phylloxéra au début du 19e siècle et sont travaillées manuellement ou à l’aide d’un cheval de trait.

Après avoir dirigé la maison pendant trente ans, avec intelligence et subtilité, madame Bollinger lâche la présidence de la société en 1971 puis s’éteint le 22 février 1977, en laissant son empreinte de grande dame au sein de l’entreprise.

Une femme pleine d’humour

Aussi bien chic que pleine d’humour, Elisabeth a répondu un jour à un journaliste qui lui avait demandé si elle aimait son champagne : « J’en bois quand je suis heureuse et quand je suis triste. Parfois j’en bois quand je suis seule. Si j’ai de la compagnie j’estime que c’est mon devoir. Si je n’ai pas faim je joue avec et j’en bois quand je suis affamée. Sinon, je n’y touche jamais, sauf si j’ai soif. »