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Les emballages biodégradables…
20
août
2018
Aude Reymond
Aude Reymond
On penserait volontiers que tous les contenants estampillés « bio » sont destinés à finir parmi les déchets verts. Idée reçue ou réflexe légitime ?
J’annonce la couleur : je suis biodégradable et recyclable. Mais suis-je pour autant compostable ?
J’annonce la couleur : je suis biodégradable et recyclable. Mais suis-je pour autant compostable ? ©Shutterstock/Olivier Le Moal

Du sac à légumes au service de cuisine, le plastique connaît de multiples usages de nos jours. Malheureusement, des résidus de plastique se retrouvent aussi très souvent dans la nature. À la suite de rejets directs, volontaires ou accidentels, ou encore d’une dissémination via les eaux usées, ils contaminent les océans, les lacs et les sols. Fait moins connu, les terres agricoles sont aussi imprégnées de microplastiques… à cause du compost utilisé pour fertiliser les cultures.

Ne dépassant pas 5 mm de diamètre, les microplastiques présents dans le compost proviennent essentiellement des emballages alimentaires et autres objets à base de ressources biodégradables, appelés « bioplastiques ». Sacs à déchets végétaux, pots à fleurs, jouets et ustensiles de cuisine, l’offre en contenants « bio » s’est étoffée avec l’essor de la collecte de déchets verts et l’apparition de la taxe au sac dans plusieurs cantons suisses ces dernières années. Cependant, la mention « bio » ne signifie pas forcément biodégradable, et donc pas nécessairement qu’ils peuvent être jetés parmi les déchets végétaux.

D’une part, les bioplastiques se réfèrent aux matières premières d’origine renouvelable qui les constituent, comme le maïs ou la betterave à sucre. Ils peuvent porter la mention « issus de ressources renouvelables » ou « d’origine bio », mais sont susceptibles de comprendre d’autres matériaux pas nécessairement biodégradables.

D’autre part, les bioplastiques renvoient aux caractéristiques de dégradation. Appelés « biodégradables » ou « compostables », ils se dégradent entièrement en présence des micro-organismes qui les transforment en eau, en dioxyde de carbone et en biomasse, qu’ils soient fabriqués avec des matériaux renouvelables (cellulose, fibres de canne à sucre, feuilles de palmier, amidon végétal, etc.) ou avec des matériaux non renouvelables, c’est-à-dire d’origine fossile.

Malheureusement, le marché regorge de plastiques dits oxodégradables1. D’apparence similaire aux autres plastiques, ils se fragmentent en minuscules particules très difficilement biodégradables. À cette complexité s’ajoutent les sacs plastiques recyclés proposés dans les grandes surfaces, qui, contrairement à certaines idées reçues, ne sont pas compostables.

Outre ces confusions, les termes « biodégradable » et « compostable » sont souvent amalgamés. Or, si un produit compostable est biodégradable, un produit biodégradable n’est pas forcément compostable. En effet, « biodégradable » est un terme générique signifiant qu’un produit va se dégrader avec le temps sous l’effet des micro-organismes. Alors que « compostable » est un mot plus précis. Il indique qu’un produit va se dégrader dans les conditions d’une compostière, c’est-à-dire avec de l’oxygène, de l’humidité et une certaine température (60° C pour les compostières à grande échelle).

Afin de clarifier la situation, les acteurs du secteur ont décidé de distinguer les sacs compostables en imprimant dessus un quadrillage. Ces sacs sont destinés soit aux containers à compost gérés par des usines de traitement, soit aux compostières de jardin, la distinction s’opérant grâce à l’ajout de labels : « OK compost » certifie la dégradation des produits dans les compostières industrielles, tandis que le label « OK compost home » assure leur dégradation – plus lente et difficile, en raison d’une température moins élevée que dans une usine de compostage – dans les composts de jardin.

1. Sont dits oxodégradables les plastiques fabriqués à partir de polymères d’éthylène et enrichis en additifs oxydants (sels métalliques) qui favorisent leur dégradation en morceaux plus petits.

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CLERC, Aline, 2014. Déchets compostables. Savoir repérer le bon sachet. FRC I Fédération romande des consommateurs [en ligne]. 29.04.2014. [Consulté le 25 avril 2018]. Disponible à l’adresse : https://www.frc.ch/savoir-reperer-le-bon-sachet/

FIAUX, Isabelle et BLATTER, Edi, 2018. Microplastiques : du compost à nos champs. On en parle [en ligne]. Lausanne : RTS La Première I Radio Télévision Suisse, 6.04.2018. [Consulté le 25.04.2018]. Disponible à l’adresse : http://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/on-en-parle//06-04-2018?

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SCHEKTER, Julien, CHAVAILLAZ, Théo et HUMBERT, Sébastien, 2017. « Ok compost » ou ok qu’on jette ? On en parle [en ligne]. Lausanne : RTS La Première I Radio Télévision Suisse, 19.05.2017. [Consulté le 25.04.2018]. Disponible à l’adresse : http://pages.rts.ch/la-1ere/programmes/on-en-parle/19-05-2017#8596690

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WEITHMANN, Nicolas, MÖLLER, Julia N., LÖDER, Martin G. J. et al., 2018. Organic fertilizer as a vehicle for the entry of microplastic into the environment. Science Advances. 4.04.2018. Vol. 4, no 4, eaap8060. DOI 10.1126/sciadv.aap8060

http://www.les-docus.com/et-si-nous-arretions-de-tout-jeter/

Aude Reymond
Aude Reymond
Diplômée en sciences politiques et en études muséales, Aude Reymond travaille pour l’Alimentarium depuis 2015 en tant que rédactrice, recherchiste et documentaliste.

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